Attention à la mars

// 02/03/2015

Par Catherine Colard

Mars attaque et on se remet en douceur des flops viraux et autres bad buzz de la semaine dernière. La semaine de tous les trébuchages ? Certes, cette fin février n’a rien à envier au bêtisier d’Attention à la Marche ou de Pas Fa Si La Chantier (RIP Pascal Brunner, ceci dit).

Chers lecteurs français et autres amis francophones hors Belchic, je vous éviterai évidemment les plantages médiatiques belgo-belges et mon impression très intime d’avoir fait pipi sur un totem. Même si notre Prince Laurent devisant fumette avec un stagiaire « rasta » ou lisant l’arabe sans le comprendre est en soi assez subversif pour être mentionné outre-Anne Quiévrain (l’ex-Stéphane Bern belge, NDLR).

Tout a commencé avec Madonna qui a chuté dans les escaliers des Brit Awards et su faire causer d’elle plus que du palmarès. Qui a gagné les Brits? Madonna, of course! S’accrochant à sa superbe (et à ses superbes danseurs masqués, NDLR), La Ciccone, qui fait la Une du Rolling Stone, du Mojo et de Bandagistes WWW de mars, rebondit et s’insurge contre la discrimination par l’âge imposée aux femmes. Dans les médias et dans la vraie vie. « This is what a 56-year-old ass looks like ». Indeed.

Heureux hasard du calendrier people, je suis moi aussi tombée sur mon Q (de moins de 56-years-old, ou presque), et s’il y a une chute à cette fable des temps modernes, elle tombe à point nommé pour dire toute mon admiration aux femmes.
Belles, vieilles, moins jeunes et plus jolies, grandes, instruites ou pas encore, rondes, grosses ou pas assez et inversément, créatives, inspirantes, battues/battantes, connues ou anonymes, épouses, filles, ex, (ex-) femmes de musiciens, lesbiennes, nanas un peu paumées, mes filles si spirituelles, chômeuses en fin de droits, mamans, top models d’hier et de demain.

Cascadeuses avec ou sans casque qui se prennent tous les jours les talons aiguille dans le tapis rouge de la vie avec panache ou en toute discrétion.

« L'ai-je bien descendu ? »
#sarcasm by Cécile Sorel

J’avais en tête un enchaînement particulièrement pointu sur le charity business.
« Madonna, nouvelle marraine de Cape 48 » (genre de Téléthon belge, NDLR) versus Goldman, « l’homme en or », malgré lui enfin moins consensuel, perdant de sa patine en faisant rimer plein emploi avec sida dans la nouvelle chanson des Enfoirés.

Hors la pauvreté musicale de « Toute la vie », ses paroles précaires et ce ton paternaliste, je me demande une fois encore si une chanson peut changer le monde. Si « la générosité et l’engagement discret » de quelques happy fews connus via leur réseau radiophonique bien ou pas pensant parlera aux « jeunes ».

Une moche chanson pourrait-elle expliquer le départ massif de cette entité abstraite de « jeunes » vers la Syrie ou, pire, vers les boutiques Desigual?

Et si on sortait les atrabilaires de leur zone de confort?

Je n’ai pas « Touuuuute la viiiiiiiiiieeee » pour écrire cet édito. J’ai aussi une vraie viiiiiiiiiieeee, parfois, et comme j’aime les vrais Freaks enfoirés Experts en Désespoir, je vous invite ici à écouter les beaux sons de mars.

Le bénéfice du doute est le vôtre, sans doute.

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