Bowie mais non

// 12/01/2016

Par Catherine Collard

Bowie mais non

Il est des jours qui commencent par la fin. Et aussi des « il était mille fois ».

J’attendais, dans mes rêves, ce lundi 11 janvier comme la jolie suite d’une belle aventure teintée de nuances de noir, de paillettes et de lumière, d’adrénaline et de « PUTAIN, DAVID BOWIE QUOI ». Presque un mois que nous bossions dans le plus grand secret, avec passion et cette superbe équipe proche du lad pas si insane. Autour du projet un peu fou de réaliser le portrait de Mr. David Robert Jones sur un mur, quelque part en Belgique, pour célébrer son anniversaire et la sortie de ★. Cette fresque n’était pas appelée à faire office de « mémorial », mais voilà. L’émotion prend sa juste place à la vitesse de la lumière et c’est très bien. Tu aurais aimé ça. Je suis intimement persuadée (je me fais peur parfois) depuis samedi soir que tu avais tout programmé autrement. Autrement, comme toujours. Avec classe.

Ten, Nine, Eight, Seven, Six, Five, Four, Three, Two, One, Liftoff ! You've really made the grade David, et je vous dis « tu » et merci quand-même. Je suis infiniment triste. Si nous ne nous sommes rencontrés que virtuellement avant/pendant/après l’invention de ce genre de virtualité, tu as et seras à tout jamais l’homme de mes premières fois. C’est un peu bête. Je le suis au moment d’écrire ces quelques mots alors que tout a été si magnifiquement formulé ici et ailleurs.

« Madeleine de Proust », as-tu jamais pensé, David, à incarner cette entité douce, sensuelle, immortelle et trouble à la fois ? Il est grand temps! Tu es de nos vies.

Mon premier frisson musical, petite fille très sage, c’est toi. Après Annie Cordy. J’avoue, c’est violent. Rebels et Heroes autour de spaghettis Miracoli customisés au pili-pili par mon parrain, qui m’emmenait ensuite faire des tours en mobylette avec ses potes super sexy qui te ressemblaient un peu.

Mon premier slow le soir de mes 12 ans.

Un premier amour dans une Maison Bleue au coeur des Cévennes.

Le premier (et dernier magnifique) spacecake d’une petite provinciale affamée de 17 ans, débarquée à Rotterdam en car avec Caroline Music et ses Red Shoes pour ton concert Serious Moonlight. Raccompagnée à la frontière franco-hollandaise par les flics avec « Let’s Dance » dans leur radio.

Mes cheveux rouges le jour où je me suis dit à 50 ans, « la vie est absurde, inventons-la ».

Et puis et puis.

Quelle chance d’avoir grandi et partagé toutes ces planètes avec toi, vous, nous tous dans ce freakiest show. So long STARman.

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