Des si belles

// 26/01/2016

Par Catherine Colard

Les afters VIP, c’est un peu comme le vélo. Si tu ne te remets pas en selle tout de suite, tu perds les pédales.

J’ai mouillé mon maillot de corps afin d’obtenir coudes que coudes mes passe-droits pour LA soirée place-to-be de la semaine dernière. Un véritable sacerdoce, crois-moi, même si tu es né(e) vierge à Lourdes avec la cuisse allègre et le bras long. L’idée étant surtout de fouler le tapis rouge sans faire la queue ni trébucher dedans. Et pire, horreur/malheur pour mon humble personne qui arbore désormais le cheveu aussi écarlate que le susdit tapis, sans ressembler à Carrie au Bal du Diable sous la drache nationale. Si si, Stephen King est toujours vivant. Est-il?

22H02
Nulle trêve donc. J’ai évité le fashion faux-pas dans la carpette à paillettes et m’y voici. Après qu’un gentil molosse m’ait imprimé un tampon invisible sur l’intérieur du poignet, ruinant à la vitesse d’un décès de star en janvier 2016 les effluves sauvages de mon parfum moléculaire scandinave hors de prix, je laisse derrière mon seyant séant saillant orné de sequins iridescents la marée de groupies éplorées (d’un joli chanteur qui les préfère en selfie) et un peoplelekke qui a tous les soirs sa tête à la télé. Recalé car en Stan Smith sous smoking. Non mais.

22H17
Ils sont venus, ils sont tous là, même ceux venus de litanies. Trentenaires désinvoltes exfiltrés par l’underground local, hipsters dans le vent en manteau de (fausse) fourrure, animatrices radio et it girls (je ne sais plus trop qui est qui) arborant à la clavicule un it bag assorti d’un poète du it parade. Et autres humoristes dépressifs.

22H48 et quelques
J’adooooore mais j’ai faim. On est sur, c’est sûr, du Spritz aux cucurbitacées sur lit de macarons revisités terre/mer entre sushis fluo pêchés à Doel et fromage de Herve.

23H, je meurs par le feu
En chemin vers le buffet, ma sculpture capillaire et moi-même esquivons de justesse l’immolation par le feu d’artifice planté dans un seau à champagne et le futur-ex-agent sans voix d’une ex-starreke de la Voix. Quand...

23H96 tout pile, poils
A deux centimètres de ma bouche avide de Vedett, un DJ wallon que j’ai eu le malheur d’interviewer un soir d'été, mais pas deux, se rappelle à son bon souvenir. Merde, lui m’a reconnue et veut se racheter en m’invitant au Monde Sauvage d’Aywaille. Il m’offre une bière à l’open bar (le DJ belgicain connu est reconnu radin, c’est bien connu). Et PAF! Me voici immortalisée la bouche grand ouverte avec vue imprenable sur mon bol alimentaire et ma petite culotte, les yeux écarquillés par le flash de ce fichu paparazzi dans une pose pathétique digne d’un Marc Dorcel fétichiste du fromage de Herve.
Ceci dit, Fromages de Herve, n'oubliez pas ma facture.

23H189 et quelques secondes
Je quitte Facebook, Instagram, Tinder, Adopte un Mec, mon abonnement à Télépro et à Closer. Ma dignité et la soirée à la vitesse d’un texto.
Sans oublier de récupérer un trophée tout triste abandonné au coin du bar. Je refais ma déco en mode artistes locaux.

Les afters VIP, c’est donc un peu comme le vélo. Si tu ne remontes pas tout de suite en selle...
Je m’en vais donc de ce pas (je hais le vélo, je vous dirai bientôt pourquoi) vous inviter à une soirée VIPélectrique. La vue est belle!

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