Édito

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Maison de tolérance de matière fécale !

// 19/05/2017
Par Catherine Colard

Péripatéticienne, ça fait du bien !
Il est des jours où succomber au plaisir coupable du juron m’est quasiment vital. Rien de plus vivifiant qu’une belle bordée d’injures, aussi obsaines que jouissives, pour manifester mon courroux. Mais toujours avec élégance. Jurer, oui. Jurer paresseux, non.


Un peu de tenue, bon sang. Si je ne sous-estimerai jamais le pouvoir cathartique des envolées de noms d’oiseaux grivois, j’aime m’adonner au gros mot de niche, rare, élégant, voire joliment désuet. Digne (mais désargentée) héritière du Capitaine Haddock, j’insulte les incultes à tous vents avec d’autant plus de compassion que je ne m’en prends que rarement. Mes interlocuteurs ne comprenant pas toujours le vocabulaire fleuri que j’inflige à leur ignorance de petites fientes constipées. Me soulager de la sorte sans froncer le nez est d'ailleurs du meilleur effet en société, même si m’adonner aux moites plaisirs solitaires n’est pas sans me déplaire. J’exulte, validant l’hypothèse scientifique selon laquelle certains termes, hors contexte, relèveraient du tabou. Et hors quelques situations spécifiques particulièrement propices à mes invectives. Entendez, le matraquage de pubs orchidoclastes avec voix de morveux rois ou accents régionaux. Celles qui disent « Dis, Siri chéri » quand j’écoute la radio sur mon iBlol. Ce savant dosage d’auditives bouses stigmatisantes me met en joie. Extase, je fais des cumulets dans la fange de ma propre grossièreté lexicale, telle une petite cochonne transgénique venue d’une exoplanète, se faisant cramer la couenne, bien à l’aise, sur une plancha soldée. Ca fait mal là où ça fait du bien. Et inversement.

D’éminents nodocéphales universitaires ont mené maintes études sur les jurons, leurs us et coutumes. Ils en sont venus à la conclusion selon laquelle proférer des insultes permettrait de se montrer plus performants lors d'une activité sportive, d’une séance SM ou d’un BBQ. Même combat, me direz-vous. Jurer à voix haute aiderait effectivement à mieux digérer la douleur et les reflux gastriques entre amis consentants.

Qu’en pense Marc Wathieu? Notre chef e.s vinyles, adepte de la cuisine nucléaire francophage, fête le retour des beaux jours avec ici une putain de scandaleuse brochette méli-mélo aigre douce.

A TABLE, BORDEL !

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