Édito

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La minute badass sans chichi

// 22/03/2017
Par Catherine Colard

Difficile de passer à côté. Depuis quelques temps (je ne sais pas trop si je dois compter en années ou en mois), tout le monde veut être « badass ». Bad quoi?

C’est donc tout naturellement que j’ai envisagé mon intronisation dans le cercle très fermé des badass. Parce que, ne soyons pas faux-cul, si la badasserie consiste à être un individu « cool et stylé qui déchire sa race », ça m’interpelle grave. Pour autant, comme je suis (possiblement) badass mais pas téméraire, je me devais d’investiguer plus avant, histoire de savoir où je mettrais mon 36 fillette. Parce que oui, badass rime avec classe et sensass. Mais aussi avec connasse.

Pour rappel, « badass » (argot, États-Unis) qualifie une personne faisant preuve de certaines qualités à un degré hors normes. A l’origine, le mot badass signifiait « mauvais garçon, bagarreur » (je suis mal barrée avec mes deux petits poings potelés), mais au fil du temps, ce sens de « dur à cuire en cuir » a évolué. Et là je dis merci aux séries US et à la presse féminine. Pour faire simple, un ou une badass impose son propre style, ses valeurs et inspire le respect. Bref, c’est celui ou celle que tout le monde regarde quand il/elle entre dans une pièce. Tout moi ! Certes, la sur-confiance n’est pas le trait le plus saillant de mon caractère. Je préfère souvent la fermer ou prendre les chemins de traverse plutôt que de me prendre la tête avec les pitbulls et autres trolls enragés, mais je ne désespère pas d’être bientôt adoubée « Gentille Meuf Badass ».

Car il existe bel et bien quelques indices probants de ma badasserie. Voyez.

  1. J’écris cet édito badass ce mercredi soir plutôt que dimanche matin, parce que dimanche j’engouffrais un burger bio hors de prix dans une librairie bruxelloise où tout le monde était mieux habillé que moi.
  2. J’ai une déconcertante expérience du ratage de marches, du pied dans le tapis et dans le plat, toujours avec une désinvolture certaine. Merci à la poudre compacte « qui maîtrise la brillance pendant des heures en respectant ma peau tout en transparence ».
  3. Je supprime moult contacts Facebook quand je reçois la notification de leur anniversaire. Sans culpabilité aucune, voire avec des appétits de serial killer. Nous n’avions (plus) rien en commun. Surtout s’ils sont vieux, moches, muets et/ou racistes. Ou ex.
  4. Je lave mes cheveux une fois par semaine, je fume des cigarettes saucées. Et j’aime ça.
  5. Je mets un point d’honneur à manger des aliments périmés mais pas trop.
  6. Je fais la bise à Joey Starr et à Michel Drucker. Avec la même joue.
  7. J’assume mon absence totale de calculs et de chichis, tout comme mon don inné pour le « oups, pas fait exprès ».
  8. Oui, je rédige plein de listes qui commencent par « je ».

Et si tu as vraiment besoin d'être rassuré sur ton statut de "badass or not badass", petit cloporte anonyme et sans saveur, n’oublie jamais qu'on est toujours le badass de l'autre. Ecouter Radio Rectangle peut par ailleurs t’octroyer quelques points de survie dans ce monde de mauvais culs.

Gentille Meuf Badass represent

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