Édito

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Le laij nouveau est dans la place

// 19/11/2017
Par Catherine Colard

Ce jeudi 16 novembre, le Beaujolais Nouveau est arrivé.
La veille, Vargasss92 descendait sur Bruxelles.
Coïncidence? Je ne pense pas.


Cette petite expression apocryphe est d’ailleurs attribuée à feu l’acteur Paul Newman, qui aurait déclaré lors d’une conférence « 24 heures dans une journée. 24 bières dans un casier. Coïncidence ? Je ne pense pas. » Depuis, on a constaté plein de coïncidences incroyables.

Gros rouge, bière et jeunes écervelés abreuvés au Brawndo, un hasard? Faut pas me prendre pour une quiche. Un fléau n’arrivant jamais seul, certains événements en cascade sont des signes avants-coureurs aux arômes de fin du monde.
Puisqu’on nous cache tout, je vous aide à trier le bon grain de l’ivresse.

Alors donc, quelques semaines après Puigdemont, c’est un certain Vargasss92 (dites « neuf deux ») qui a choisi Bruxelles pour donner rendez-vous à ses fans snapchatteurs. S’en suivirent des scènes d’émeutes apocalyptiques d’une tristesse toute brélienne, à quelques pas de la place de Brouckère.
Et ceci la veille, oui, la veille du troisième jeudi de novembre, marquant l’arrivée du tant attendu Beaujolais Nouveau. Hasard?

J’y ai réfléchi tout le week-end. Enfin presque tout le week-end, parce que parfois j’ai un ou deux autres trucs à faire. Mais ça me turlupinait, et puis Carl Gustav Jung et moi, c’est une vieille histoire qui dure. Les synchronicités, les coïncidences troublantes, toussa, c’est un peu le sens de ma vie. Pour moi, l'occurrence simultanée de ces deux événements qui semblaient ne présenter aucun lien de causalité, Beaujolais ET Vargasss, a pris du sens.

Mais lequel me direz vous? Quelques pistes.

La petite sauterie de Vargasss92 à Bruxelles a tourné au vinaigre. Comment ne pas y voir un indice en primeur sur les qualités gustatives du jeune breuvage à la robe rouge annoncé pour le lendemain? La police a d’ailleurs vu rouge, mais ça c’est une autre histoire.

Autre prémonition, mercredi après-midi, les potes à Vargasss ont envahi les boutiques du centre de Bruxelles, comme le lendemain le Laijobeau Veaunou envahira cafés et têtes de gondole. Banane, cassis ou framboise, ces braves petits avaient-ils bien ingurgité leur dose de 5 fruits et légumes ou étaient ils shootés à l’Oasis? Un coup marketing, une conspiration de la grande distribution et des moutons de la murge?

Enfin, et là j'enfonce le clou dans la gueule de bois, vous remarquerez que Vargasss rime avec vinasse, grimace, trépasse, ragougnasse et diarrhée.

La sagesse populaire le répète depuis des siècles : « In vino veritas ». Mais de quelle vérité s’agit-il ? Et de quel vin?
Si certains picrates rendent aveugle voire fou (pas tous, sinon vous ne me liriez pas), un bon vin crée du lien, de la convivialité. Il nous incite, certes, à bousculer les contraintes sociales sous l’égide de Dionysos (le dieu grec, pas le groupe français). Mais toujours dans la bonne humeur et non dans le chaos, comme le rappelait ce brave Rabelais: « Le jus de la vigne clarifie l’esprit et l’entendement, apaise l’ire, chasse la tristesse et donne joie et liesse. »

Tout n'est pas perdu. Je m’en vais donc vider la bouteille.

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