Fearless Vampire Killers (1967) de Roman Polanski

// 12/10/2016

Par RipperJack

« Le Bal des Vampires » aka « Fearless Vampire Killers » (1967) de Roman Polanski
Avec Roman Polanski, Jack Mac Gowran, Sharon Tate, Ferdy Mayne, Alfie Bass, …
Musique de Krzysztof Komeda


Le pitch :
Le professeur Abronsius et son fidèle assistant Alfred, chasseurs de vampires, arrivent dans une auberge nichée dans la campagne Transylvanienne.
Alfred s'éprend de la fille de leurs hôtes, la belle Sarah, juste avant que cette dernière ne soit enlevée. En suivant sa trace, les deux compères aboutissent au château du comte Von Krolock qui prépare son bal annuel des vampires…

La critique :
A coup sûr, la beauté du film naît - plastiquement parlant - de ses contrastes situés à tous niveaux : couleurs violentes (le rouge et le blanc), lieux très dissemblables (pauvre auberge pittoresque et majestueux château de nobles), différences de sensations « physiques » (le gel opposé à la moiteur dans la scène du bain), …


Et aussi, opposition marquée des caractères des protagonistes : c’est ainsi que l’aubergiste Shagal est un peu la version paillarde et plébéienne du raffiné comte Von Krolock et qu’à l’érudition - finalement vaine - d’un Abronsius farfelu et étourdi (formidable Jack Mc Gowran en véritable clown désarticulé) répond le romantisme rêveur et naïf du jeune Alfred, disciple idéaliste qui à l’évidence préfère l’amour et le - futur – mariage aux arides préceptes scientifiques de son Maître. Tandis que son mentor tente d’éclaircir les mystères du vampirisme, Alfred se laisse quant à lui guider à travers les dédales du château par le chant de Sarah.
Ici, comme nous sommes dans le registre de la parodie, on joue évidemment à se faire peur … ce qui n’empêche que la « visite » cinématographique que Polanski nous offre du château est techniquement remarquable : le réalisateur utilise des plans serrés avec peu de profondeur de champ et crée une sensation d’enfermement via une caméra qui glisse le long des parois de la forteresse pour achever de nous perdre dans une architecture labyrinthique (filmée dans les studios d’Elstree …).


Le métrage nous présente aussi plusieurs scènes dignes d’une anthologie dont bien sûr le bal final finale mais aussi cette séquence durant laquelle Alfred se trouve poursuivi par les assiduités, amoureuses et mordantes à la fois, d’Herbert, le fils de Von Krolock, dont le look m’a toujours rappelé assez irrésistiblement celui du Baron Meinster du « Brides of Dracula » de Terence Fisher …
Et l’on n’oubliera pas non plus la très belle scène du bain qui précède l’enlèvement de Sarah.
À l’image du numéro d’équilibriste que composent Alfred et son maître sur le toit glacé du château, Polanski réussit donc ici avec brio l’équilibre astucieux et périlleux entre le frisson et le rire.


Conclusion :
Impossible évidemment de terminer cette petite chronique sans mentionner la célébrissime « Hammer films » dont, fait bien connu, les productions faisaient la joie de Polanski à l’époque des salles « Midi-Minuistes » : son film en porte incontestablement la marque mais, comme toute bonne parodie, a le bon goût d’éviter démesure et outrance excessives tout en demeurant finalement très respectueux de bout en bout de la mythologie inhérente au genre vampirique.
Et, de la même façon que le rire ou la caricature ne sont jamais bien loin dans le Fantastique, inquiétude et frisson bien réels pointent parfois/souvent le bout de l’oreille dans le film de Polanski.

A tel point même que, loin des traditionnelles « happy ends » (même si le monstre – en cas de bon box office, revient presque toujours pour le film suivant …) dont est coutumier le genre, ce film ci se conclut, fait remarquable et original, par la victoire totale et sans rémission possible du Mal !
Soulignons enfin l’importance dans cette totale réussite de la magnifique musique de Komeda (oscillant elle aussi entre sourire et inquiétude …) et de la photographie somptueuse de Douglas Slocombe.
D’ailleurs, j’avoue – et pourquoi pas ? – que j’ai toujours autant de plaisir à revoir celui ci qu’un grand cru « Fisherien » … ce qui n’est pas un mince compliment.
Jacques COUPIENNE

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