Filmkomponisten #2 : Martin Böttcher

// 14/02/2016

Par Maxence de Double Françoise

Martin Böttcher ne semble pas bénéficier d'un effet de mode aussi grand que son compatriote Peter Thomas, et c'est un tort à mon sens. Sa musique se situe moins dans une recherche d'orchestration et de timbres sonores. Son identité se trouve plus simplement dans les mélodies qu'il compose et les harmonies qu'il utilise. Il est plus constant dans son style, se trouvant même parfois à la limite de l'auto-recyclage. Une de ses forces est de savoir composer des mélodies et des motifs efficaces, un peu à la manière de Vladimir Cosma. Comme ce dernier, on pourrait le cataloguer un peu facilement sous l'étiquette trop réductrice de l'easy-listening, mais derrière une apparente facilité et des thèmes souvent légers se cache en fait une grande maîtrise des arrangements et des orchestrations.

Martin Böttcher a une formation de pianiste classique mais sa carrière commence en tant que guitariste dans des orchestres de jazz. Adolescent, il souhaite devenir pilote d'essai, mais au sortir de la guerre, il se retrouve à apprendre la guitare en autodidacte pendant sa captivité. Ayant rapidement acquis une bonne technique, il est très sollicité. Il est le premier en Allemagne a sortir des enregistrements sur lesquels il joue plusieurs fois en surimpression sur bande, à la façon de Les Paul aux Etats-Unis. Il devient ensuite arrangeur et commence à composer pour le cinéma commercial vers la fin des années 50.

Le succès arrive pour Martin Böttcher avec la série des Winnetou. Ces westerns, les premiers produits par des européens, ouvriront la voie aux réalisations de Sergio Leone. Sur cette B.O., c'est le côté easy-listening du compositeur qui ressort, avec beaucoup de cordes, une rythmique peu ou pas présente et des mélodies étirées.

Comme son collègue Peter Thomas, Martin Böttcher compose beaucoup pour les krimis et les comédies nanardesques.

Vers la fin des années 60, le "son Böttcher" se précise avec quelques techniques récurrentes: doublage de l'instrument mélodique par une ou plusieurs voix, nappes de cordes, nappes d'orgue Hammond, basse Fender au médiator assez en avant dans le mixage. Sur un certain nombre de morceaux, la section rythmique groove vraiment pas mal! Ce son sera très présent dans toutes ses productions pour la TV dans les années 70 et jusqu'au début des années 80, période à laquelle il ne travaille plus pour le cinéma commercial, celui-ci ayant décliné au profit de la TV et des films d'auteurs de la nouvelle vague allemande.

Ici, pour la série policière Sonderdezernat K1, excellente B.O., disponible chez All Score Media.

Et ici pour une série très connue même en dehors de l'Allemagne. ;-)

Au niveau discographique, pour les collectionneurs de vinyles, on retiendra Portrait in Music 2 sorti en 1976 (avec une chouette pochette !). En CD, on retiendra Go go with Uschi et Die grossen film und TV-melodien. Et, pour l'anecdote, l'une de ses mélodies fut chantée, en allemand, par notre yéyé girl favorite.


Maxence de Double Françoise

Musicien et manipulateur de sons, il est brun avec une raie sur le côté. Grand amateur de technologies obsolètes (dans le désordre : le super 8, les bandes magnétiques, les ordinateurs 8 bits, l'inspecteur Derrick, les OVNIs, la musique Pop, et probablement pire encore), Maxence est aussi la moitié du duo Double Françoise.

Relire FILMKOMPONISTEN #1: Peter Thomas

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