La chronique de Jeremy Plywood // Gaz Coombes : Matador

// 28/02/2015

Par Jeremy Plywood

Gaz à tous les étages : la ruse anglaise !

Matador... Deuxième album en solo pour l’ex-Supergrass, Gaz Coombes. J’avais écouté d’une oreille plus que distraite son premier effort “Here Come The Bombs” et je dois bien avouer que je n’attendais pas celui-ci avec impatience. Mais bon, le gaillard mérite que je prenne un peu de mon (précieux) temps eu égard à sa carrière exemplaire et pas mal de chansons supergrassiennes magnifiques.

Je dois bien avouer que la première chanson, Buffalo, est plutôt déroutante voire peu engageante. Ça commence sur un petit beat électro et ça manque clairement de mélodie. Pas trop pop. Décousu. Bref, ça part mal. Et puis, petit à petit, je me laisse séduire par la voix qui alterne la douceur et la rugosité. J’en déduis que ce titre est comme une sorte de mise en bouche.
20/20, qui suit est déjà plus évident. Une intro planquée dans le coton puis à nouveau un petit beat électro qui soutient une jolie mélodie toute simple et une guitare spartiate. Ça commence à me plaire. L’envolée finale est une invitation à poursuivre et je ne vais pas être déçu. Dans la foulée vient The English Ruse, le bien nommé, qui me caresse dans le sens du poil. J’y retrouve le Gaz que j’aime, le Gaz qui balance de la chanson pop couplet/refrain sans prétention et tout en finesse. Même si ça manque encore d’une vraie mélodie qu’on se surprend à siffloter sous la douche. Le trio de chansons qui suit, va me confirmer que l’inspiration du gars d’Oxford est intacte et a même pris de la grandeur, de la maturité. Bref, le trio qui suit est tout simplement exceptionnel. Tout d’abord le magnifique The Girl Who Fell To Earth, mélopée aérienne, simplicité, voix poignante. Ensuite, Needle’s Eye avec cette guitare électrique entêtante, ce couplet qui n’a l’air de rien et ce refrain qui matraque, envoûtant. Et enfin, Detroit, une petite claque échappée des sixties avec des choeurs qui me serrent la gorge.
Ça valait la peine de se détendre un peu et d’aller plus en profondeur dans la chair.


Après ça, Seven Walls et Oscillate peuvent paraître plus anecdotiques, moins convaincantes. Mais la voix est un régal et on se laisse prendre au jeu. To The Wire, comme un décollage de fusée, confirme que cet album a bien tout son sens, même si il semble, à première écoute, partir dans plein de directions parfois surprenantes. Et quand l’album se termine sur ce Matador tronqué, mon index droit plonge sans hésitation sur la touche play afin de repartir à l’assaut de ce bel album. Un album fait par un gars de bientôt 40 ans en fait. Forcément qu’il met tout doucement son côté “gamin” de côté pour atteindre une sorte de plénitude bien naturelle. Il n’en reste pas moins qu’il sait y faire et j’ai vraiment l’impression qu’il ne s’est jamais autant dévoilé que dans ce disque.

Tracklist : 1. Buffalo - 2. 20/20 - 3. The English Ruse - 4. The Girl Who Fell To Earth - 5. Detroit - 6. Needle’s Eye - 7. Seven Walls - 8. Oscillate - 9. To The Wire - 10. Is It On? - 11. Matador

Website : http://www.gazcoombes.com/

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