La soirée Rectangle 100 % francophone au BSF 2015

// 21/07/2015

Par La rédaction

Le Brussel Summer Festival 2015, le grand festival urbain de Bruxelles vient d'annoncer sa programmation globale ainsi que le détail de la deuxième soirée labellisée Radio Rectangle. La Rectangle Night aura donc bien lieu le 19 août prochain.

L’équipe de Rectangle est ravie de rééditer le partenariat avec le Brussel Summer Festival autour d'une soirée labelisée au nom de notre radio .
Après une première soirée à la programmation éclectique réussie, l'équipe du BSF et celle de Rectangle ont décidé cette fois de se lancer un pari osé: programmer une soirée 100 % en français dans le texte et ce, dans la salle de la Madeleine, historique et sublime, qui réouvre ces portes avant de grandes transformations prochaines.

Acte de folie sans doute !
… Mais dans le monde des festivals gorgé de pop anglo-saxonne et de dj stars presqu' irréels, il est important de pouvoir se positionner et de prendre des risques.

Au delà d’un acte revendicateur, et, sans être des puristes du genre, il nous a semblé opportun de mettre à l'honneur la chanson française. Certes devenue d’un un genre mutant, mais toujours disséminée aux 4 coins de la francophonie, notre grammaire lexicale est en phase d'être ultra minoritaire dans le monde global de la pop musique .

Néanmoins, à travers le spectacle et des disques inventifs, la chanson en français dans le texte n'a pas encore dit son dernier mot, la preuve avec 4 artistes spécimens qui, à l'instar jadis de Brigitte Fontaine, Higelin et du label Saravah, continue à faire vivre un art subtil, toujours sur un fil … à appréhender sur scène comme un numéro d'équilibriste.
Il y aura des belges, des français et des québecquois. Tous fous à leur manière.

On espère cette soirée digne d'un cirque freaks : cordes, synthétiseurs, histoire folk de mafieux italiens, soldat communiste, smoking, robes de soirée et punks à chiens, autant de délires surréalistes au programmes !

Sans oublier le rire et les larmes d’un public déchaîné, bien sûr !

Le programme et les infos ici

SABINO ORSINI & JACQUES DUVALL

Le musicien folk italien Sabino Orsini s’est inspiré de ses racines: le village de San Luca, situé non loin de celui d’où est originaire sa famille, est le berceau historique de la ‘Ndrangheta, la redoutable mafia calabraise, étendant aujourd’hui ses tentacules dans toute l’Europe.
Sabino rejoint la tradition locale des « chansons d’honneur et de sang », tout en s’inscrivant également de façon plus moderne dans la lignée des concept albums de l’ère rock. Les chansons de ce projet quasi « Scorsesien » (co-écrites avec Jacques Duvall qui joue également le rôle de narrateur) mettent en scène l’initiation, les faits d’armes, les doutes et la chute finale d’un jeune homme de main du réseau calabrais.Sabino Orsini mêle les sonorités roots (accordéon, mandoline, violon, tambourin) à de discrètes interventions d’instruments plus contemporains comme la guitare électrique. Sa musique évoque à la fois les tarentelles ancestrales, l’âpreté des ballades folk et la roublardise pop d’Ennio Morricone. Quelques intermèdes récités viennent renforcer le côté cinématographique de l’histoire.
La voix de Sabino, cette fameuse voix cassée que les chanteurs italiens ont naturellement, nous transporte dans la pointe de la Botte, là où la frontière entre le crime et la dignité est dangereusement ténue.
Jacques Duvall, absent des scènes depuis 2011, le rejoint pour interpréter le personnage central de l'histoire. Plus connu comme parolier (Lio, Alain Chamfort, Marie France, Jane Birkin, Etienne Daho, Marc Lavoine, Daan), Jacques Duvall n’en est pas moins chanteur lui-même. Un atypique, inquiétant voire dérangeant mais bougrement talentueux chanteur.

Benjamin Schoos

Prolifique producteur du label Freaksville et agitateur de la pop belge sous le nom de Miam Monster Miam depuis 15 ans, Benjamin Schoos s’est lancé en 2012 dans une deuxième vie artistique sous son propre nom. Réponse faussement rétro à ceux qui rêvent d’avoir connu les eighties pour de vrai, l’album China Man Vs Chinagirl met tout le monde d’accord : BBC6 et le NME applaudissent, le jury des Octaves belges et l’Académie Charles Cros aussi. Pendant les 110 dates de la tournée qui relie l’Espagne à l’Asie, Benjamin Schoos profite des studios pour enregistrer de nouvelles compositions plus orchestrales
L'artiste revient avec un nouvel album aussi ambitieux que rayonnant : Beau Futur. Voyage en 1ère classe qui revisite la sunshine pop 60’s et le faste clinquant des 70’s sans jamais quitter du viseur un lendemain qui chante. Enfilez votre smoking, on inaugure ici l’avenir de la french pop.Beau Futur est un grand-spectacle minimaliste et vertigineux. Il cristallise les univers d’un artiste transversal, autour d’une pop changeante mais résolument moderne. Croisant sa plume avec celles des pointures Doriand, Jacques Duvall et Alexandre Chatelard, Benjamin SCHOOS passe en revue ses obsessions culturelles : cascadeur, voyage intersidéral, villa italienne et voiture de sport, séduction et folie… Synthés vintage et orchestrestation à l'ancienne, guitare anglaise, vocodeur et choristes classieuses


Klô Pelgag

1990, Ste-­Anne-­des-­Monts (Québec), Chloé Pelletier-­Gagnon éclot du ventre de sa mère. « Dès ma
venue au monde, j’ai mené une vie de sève dans l’arbre où j’ai grandi. J’ai connu la propreté des
bains de larmes sans jamais m’y noyer ».
Adolescente, elle s’essaye rapidement au théâtre et au cinéma, mais celle qui rêvait d’hygiénisme dentaire, sera retenue par la musique venue frapper à sa porte. L’essence "pelgagienne" prend source devant le fleuve Saint-­Laurent.
C’est plus précisément à Rivière-­Ouelle qu’est basé son laboratoire de création où les histoires s’inventent, sur un piano sans brassière, accoté à une fenêtre qui offre un regard plongeant jusque dans le creux de la petite baie.
Inspirée par l’art visuel (Botero, Dali, Magritte), la littérature et le théâtre (Vian, Ionesco), le cinéma
(André Forcier, Jean-­Claude Lauzon) et la musique (Vigneault, Debussy, Brel, King Crimson, Zappa.)
Klô Pelgag s’efforce de faire de ses chansons un paysage pour les non-­voyants. Pour que les mots n’existent pas sans la musique, et réciproquement.
Sur scène, elle se produit avec le Câline de Bine Band pour qui son frère Mathieu arrange et orchestre ses chansons. Cordes et bois se mêlent aux envolées du chant et du piano.

Soviet Suprems

Avec ces zigotos, une bio, c’est une gageure. C’est comme un théâtre de marionnettes, ils passent, ils repassent, sauf qu’on ne sait plus qui c’est Guignol. Bon, à la base, ils sont deux, et ont déjà un lourd passé. Des récidivistes, je vous dis, question reconstitution de ligues (pas vraiment) dissoutes.
D’un côté (gauche), R.Wan, un drôle de pseudo, normal, ce n’en est pas un, sulfateuse (mot exclusivement féminin ?) de mots, déjà repéré dans Java-le-groupe et qui a fait provisoirement sécession (mais pas scission) pour rouler solo, du coup, encore plus marqué.
De l’autre côté (gauche aussi, ça pose un problème ?), Toma Feterman, archifiché comme leader de La Caravane Passe, 6 disques en 10 ans, un touche-à-tous (les instruments), ambassadeur de toutes les tziganies.
Alors, quitte à être à gauche, autant ressortir les vieilles lunes. D’abord, ils se sont flairé. R.Wan est passé… dans la Caravane (le temps d’un featuring), puis traîné dans les réduits où Toma (devenu Fetermix) mijotait ses affaires electro-balkaniques en compagnie d’un certain DJ TaGaDa. Ca sentait la poudre. A force de se fréquenter, ils ont fait alliance. Avec un nom , Soviet Suprem, et un programme constructif : léger et punk à la fois, sur tempo bolcho-trigane, avec diversions cumbia et hip hop, voire… sirtaki. Tout cela sur un dancefloor chauffé à… rouge.
A ma gauche, Sylvester Staline, à ma gauche aussi, (vous avez compris !) John Lénine. Et derrière, des gros bras, avec, pour donner le tempo (et les ordres), DJ Croute Chef. Attention, toute ressemblance avec certains aboyeurs conquérants de la grande Russie d’aujourd’hui est infondée (et passible de camp)
Soviet Suprem trouve ses repères dans le chromographie des années rouge vif, en prenant soin… de tout mélanger, rideau de fer et Pavlov (celui du reflexe), Bolchoï (le théâtre) et Tito (la Yougoslavie). Voire goulag et jetlag, smirnoff et popopopof, pourvu que ça rime et, à la fois, que ça rime à rien. Directive incontournable : que ça gouaille.
On est loin des camps de pionniers, des levers du drapeau, nos deux leaders se qualifient volontiers de « bâtards », en vérité, ce sont des punks à chiens… de Pavlov (mais sans chiens) sur canapé ( ! ) de musiques cuivrées pour mariages, enterrements, mais aussi baptêmes et révolution ; du russo-tzigano-balkanico-rom frénétique et anti-dialectique.
Soviet Suprem, c’est un commando d’élite qui finalement s’avoue libertaire, plus noir que rouge, qui fait le mur des conventions. Avec John Lenine et Sylvester Staline, prenez le pouvoir de la teuf. Un truc que les Soviets n’avaient pas mis au programme.

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