Pop de Christmas

// 20/12/2015

Par Maxence de Double Françoise

En cette fin d'année, vous n'aurez probablement pas échappé à "Alone on Christmas day", par le groupe Phoenix pour la comédie de Noël de Bill Murray "A very Murray Christmas". Cette chanson est en fait une reprise d'un inédit des Beach Boys, mais pas composée dans leur meilleure période malheureusement.
La chanson de Noël est une figure imposée de la pop anglo-saxonne, rarement pour le meilleur, mais on trouve tout de même quelques titres à sauver.

The Beach Boys - Little Saint Nick

Sortie fin 63, cette chanson fait tout simplement partie des meilleurs singles des débuts des Beach Boys, merci Brian Wilson. La rythmique et l'arrangement sont typiques de leur style "surf/car music", mais avec une petite touche Noël : le glockenspiel et les grelots (que Brian réutilisera ensuite régulièrement sur ses enregistrements).
Simultanément, Phil Spector enregistrait et produisait son désormais classique album de Noël. Brian Wilson, en tant que grand admirateur du légendaire producteur, assista aux séances d'enregistrement. Il se retrouva même à jouer du piano sur l'une des chansons, mais le père fouettard Spector jugea que Brian n'était pas assez bon et sa performance ne fut pas gardée.



Paul McCartney - A wonderful Christmas time

Macca dans sa période home studio. En 79, l'ex-Beatles s'était alors installé une pièce avec un magnéto seize pistes, une batterie, des guitares, et surtout des synthés, expérimentant seul et sans prétention, pour le fun. Le résultat se retrouve essentiellement sur l'album McCartney 2, avec quelques réussites pop avant-gardistes, mais aussi pas mal de remplissage.
Issu de ces sessions, ce single de Noël (avec une pochette au goût très sûr), même s'il n'est pas la plus grande chanson de Paul, possède cette caractéristique rare qui a souvent fait la force du compositeur : une énergie positive et lumineuse, propre à chasser les pires dépressions de Noël.



John Lennon & the Plastic Ono Band - Happy Xmas (war is over)

Quand Lennon a quelque chose à dire, il est direct. Ou alors on peut dire qu'il n'y va pas avec le dos de la cuillère, c'est selon les points de vue. Ce single de 71 est une sorte de conclusion à la campagne pour la paix que mènent John et Yoko depuis 69. Comme tout ce que sort Lennon à cette époque, ce 45 tours est produit par Phil Spector, avec ce son massif et cra-cra très caractéristique de leur collaboration.
No more fear, no more war : le véritable message de Noël, s'il y en a un, est peut-être résumé ici. What else ? Malgré le gros "emprunt" (hum, hum!) au classique folk américain "Stewball", et malgré la pénible voix de Yoko, John réussit à nous donner envie d'y croire.



The Kinks - Father Christmas

A partir de la fin des années soixante-dix, et après avoir atteint des sommets pop et enchaîné des albums concepts, les Kinks retournent à un son rock simple et efficace, pas très éloigné de ce que fait leur descendance punk, alors en plein boom.
Ray Davies chante ici un texte à l'humour grinçant, comme il sait si bien les écrire : une histoire de faux Père Noël qui se fait tabasser par des mômes devant un grand magasin, "Père Noël donne-nous ton fric, les jouets ça sera pour les enfants de riches."



Herb Alpert - The Bell That Couldn't Jingle

Du pur Burt Bacharach dans la mélodie et les harmonies, car c'est bien lui le compositeur de cette chanson, sortie d'abord en 62 (et alors chantée par Paul Evans).
En 68, le compositeur en sort une version, avec ses orchestrations de haut vol typiques de lui-même, chantée par des chœurs féminins. Sortie en même temps, la version de Herb Alpert possède un charme supplémentaire. Le trompettiste, très célèbre aux États-Unis et fondateur du label A&M, n'est pas un grand chanteur mais il véhicule dans sa voix un certain sens du cool, appuyé ici par une bonne pompe de guitare électrique. Bon, il faut patienter un peu le temps d'une intro vocale de 30 secondes (le temps d'attraper un truffe au chocolat dans la boîte) et après on peut déguster.


Maxence (Double Françoise) 

Musicien et manipulateur de sons, il est brun avec une raie sur le côté. Grand amateur de technologies obsolètes (dans le désordre : le super 8, les bandes magnétiques, les ordinateurs 8 bits, l'inspecteur Derrick, les OVNIs, la musique Pop, et probablement pire encore...), Maxence est aussi la moitié du duo Double Françoise.

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