Ripperjack // Impressions de Gérardmer #1

// 03/02/2015

Par Ripperjack

"It follows" (2015) de David Robert Mitchell


Le pitch

L’été arrive dans une banlieue typique des classes moyennes américaines où notre héroïne, Jay, se retrouve embarquée dans une histoire aussi folle qu’effrayante. Après un moment "chaud" avec son boyfriend, elle se réveille attachée et son compagnon prend alors soudainement des allures de psychopathe tout en lui annonçant qu’elle va désormais être traquée et poursuivie par une entité protéiforme qui voudra la tuer.
« Survivre » est dès lors le mot d’ordre qu’on lui donne.

Son unique chance de salut ? Transmettre le mal, comme s'il s'agissait d'une maladie vénérienne...


Il s'agit finalement du Grand Prix du Festival.


Comme nous n'avons pas visionné toute la sélection, difficile d'estimer si cette récompense suprême est méritée, du moins à nos yeux. Toujours est-il que le film est arrivé à Gérardmer auréolé d'une flatteuse réputation et d'articles plus que positifs dans la presse (voir le dernier Mad Movies par exemple) et sur la Toile.

Mon propre ressenti en est finalement (et avec un peu de recul mais pas assez) mitigé. Je suis plutôt séduit par la mise en scène, les amples mouvements de caméra et le beau cinémascope qui évoque par moments assez irrésistiblement les mânes d'un John Carpenter, ce qui n'est pas un mince compliment. Donc, une forme plutôt réussie, même si nous assommer sous un tonitruant déluge sonore lors des moments de tension est assez pénible par son systématisme. Un peu plus de sobriété aurait été appréciable.

Sur le fond, l'impression de se retrouver face à un thriller (plus qu'un slasher, vu la faiblesse du bodycount) qui cherche à paraître plus intelligent et novateur qu'il ne l’est, alors qu'il nous présente de vieux plats agrémentés différemment.

En tout cas, le propos sur Eros Thanatos n'est pas vraiment innovant, pas plus que le sexe présenté comme vecteur de propagation/préservation du mal.

Comme le disait Stephen King, "le Fantastique demeure toujours sous ses allures parfois subversives aussi conservateur qu'un Républicain de l’Illinois".

Mais bon, le film n'est pas déplaisant pour autant et gagnera peut-être à être revu.

Grand Prix ? Cela ne fait que mettre en évidence que nous ne vivons décidément pas une grande époque pour le cinéma fantastique.

Film déjà culte ? Le terme est désormais tellement galvaudé et employé hors de propos que certains ne se priveront pas de l'employer ici... complètement hors de propos.
Mais puisque ce genre d'étiquette fait vendre...

Le site du festival de Gérardmer

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