Say my name say my name

// 18/05/2015

Par Catherine Colard

Oups, pardon vous pour le jet-lag. Dimanche soir, je foulais un tapis rouge et ma cheville avec l’autre Catherine, là. Ca m’a pompé une énergie dingue. D’autant plus que je me suis pris le Louboutin gauche dans une petite culotte Chantal T. couleur chère négligemment abandonnée par Sophie au coin d’une marche. En hommage à son soutien-gorge Marlies disparu au détour d’une bretelle, me dis-je.

Ah, les seins de Sophie, si bien mis en bouche par Julien dans une chanson écrite par David Mc N. Mais oui, Dave, tu vois? Pas le Hollandais avec un « ch » sur la langue. Ni le DJ divorcé d’avec Cathy à cause des auréoles sous les bras et des clés USB paumées sous le canapé. Non, le fils de Marc C., le vieux peintre mort. T’expliquerai.

Moi-même adepte de la happy groupie culture et plus si affinités, j’avoue m’adonner plus que de raison à un vice inconsciemment assumé par me myself and I. A force. Vice qui, s’il est moins frais qu’un fromage de Herve contrôlé inapte par l’AFSCA (merci Homère et Hervé), connaît un regain certain à coups de tags et de # consentis ou pas.

J’ai cité: le name dropping. Faute avouée est à moitié pardonnée.

Je name droppe, tu name droppes, nous name droppons. Mais je le fais mieux que toi.

Attention, petit chien fou dont je ne connais pas encore le nom, le name dropping est tout un art, un sacerdoce, voire même un sport de haut niveau. Cette pratique sociale n’est pas donnée à tout le monde. Il y a des règles, des lois (et donc des interdits), une esthétique. Des ficelles à maîtriser et à respecter au pied de la lettre au risque de se retrouver soi-même droppé(e) à la poubelle tel un Tampax produit blanc usagé par Louise avant sa ménopause sponsorisée.

Le name dropping consiste donc à placer dans une conversation plus ou moins anodine les prénoms de tes « amis » plus ou moins people, façon Closer, Inrocks, webzines anarchistes, Loft-Déco, sites de rencontres ou papiers toutes-boîtes, selon ton level de peopleitude. Le petit surnom choupinet du genre "mon petit", "ma belle" ou "on se voit à Capri" étant évidemment un plus.
Mais sans en faire des tonnes. Tout l’art consistant évidemment à dropper d’un air détaché face à un interlocuteur impressionnable espérant humer par procuration la quintessence du génie en t'offrant moultes bières.

Ton voisin hait Vincent et Fanny A.? Sers-lui la foule sentimentale d’Alain qui regarde sous les jupes des filles dans la vraie vie. Tu visites ta vieille tante à l’hôpital? Conte-lui ce moment incandescent partagé avec une certaine Amélie dans les lieux d’aisance du même hosto, trop étroits pour son grand chapeau. Sans papier Q. Tu as pris de l’aspirine avec Frédéric B. ? Allonge une ligne dans ton blog mode.

Et surtout, reste magnifiquement modeste et enthousiaste, sombre name dropper. Demain, un de tes name droppeds va te name dropper sur Tweeter ou te claquer la bise, l’air de rien, à l’arrêt du tram. Peut-être. Ah oui, toi aussi tu connais Paul?

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