So Jeff #11

// 09/11/2015

Par Jean-François Segers

Nous sommes en 1986. Peter Gabriel et son « Sledgehammer » passent en boucle sur MTV, James Brown enfile les gants pour « Rocky IV » et The Bangles marchent comme une Égyptienne. Arrivent trois blancs-becs au look de geeks, voulant faire la fête, boire des « Budweiser » et draguer des minettes. Les Beastie Boys viennent de faire leur entrée dans la petite lucarne en explosant la porte avec « Fight for your Right ».

Mais qui sont-ils exactement ? Comment trois « branleurs » sont-ils devenus un des groupes les plus célèbres de la scène hip hop ?

Pour ce So Jeff XI, je vais essayer de relater 20 ans de ma vie au son de MIKE D, MCA et AD-Rock.

Les Beastie Boys se forment en 1979 comme un groupe de punk hardcore. Leur nonchalance et leurs mimiques tapent très vite dans l’œil des Dead Kennedys. Ces derniers vont leur donner la possibilité d’enregistrer un premier album : « Polly Wog Stew », album introuvable de nos jours.

Leur première composition hip hop remonte à 1983 : « Cooky Puss ».

Suite au petit succès de ce « Cooky Puss », les Beastie Boys engagent un dj, dj double R aka le gigantesque Rick Rubin. Rick Rubin va les produire et développer son propre label « Def Jam ». Le groupe commence alors sa mutation entre punk heavy métal et rap.

1986. Les Beastie Boys sortent leur premier album. Et déjà une claque ! « Licensed to III » reste 5 semaines en haut des charts. Ce premier manifeste contient les hits « Fight for your Right », « Brass Monkey ». Il inclut également la bombe « No Sleep Till Brooklyn ».

1988. Retour en studio pour enregistrer le second album : « Paul’s Boutique ». Suite à l’effondrement de Def Jam, l’album sort sur Capitol Records. Bien que l’album soit, une nouvelle fois, encensé par la presse spécialisée, il trouve peu d’échos chez les fans. La chanson principale de cette seconde galette est le toujours génialissime « Hey Ladies ».

Le groupe décide d’engager Mark Ramos-Nishita (Money Mark) aux claviers.

1993. Les mauvais garçons créent leur propre label, Grand Royal, et quittent Capitol Records. Leur troisième album, « Check Your Head », est un mélange de rap old school, de funk et de jazz avec, surtout, un retour aux sources hardcore.

L’album atteint directement la 10ème place du Billboard. Il est certifié double disque de platine aux U.S.A. et les hits « Jimmy James », « Pass The Mic » et « So What'cha Want » (en duo avec Cypress Hill) inondent les radios rock .

Un an après, les Beastie sortent leur première compilation « Some Old Bullshit ». Elle reprend leurs premières amours pour la scène hardcore.

1994 reste l’année du hold-up. Leur album « ILL Communication » arrive dans les bacs et, une nouvelle fois, les Beastie Boys frappent fort avec le méga hit « Sabotage ». Le clip est réalisé par l’excellent Spike Jonze et parodie la série « Starsky & Hutch »

Pour cet album les Beastie Boys engagent Michael Schwartz alias le géantissime Mix Master Mike et collaborent avec des membres des Red Hot Chili Peppers. Ils font trembler les MTV Awards en arrivant sur scène en costume, oubliant leurs sweats XXL et en sortant les guitares. Une TUERIE. MTV ne s'en remet toujours pas !

Après une tournée mondiale, les Bad Boys s’exilent à Los Angeles et sortent une seconde compilation « The In Sound From Way Out ». MCA officialise son soutient aux Tibétains. Il crée un festival annuel dont les fonds vont servir la cause du Tibet. Les Beastie vont aussi devoir fermer leur label. Et Ad-Rock lance sa propre marque de fringues « X-LARGE ».

1997. Retour à la Big Apple. Sortie de leur cinquième album, « Hello Nasty », qui atteint encore une fois le sommet des charts. Cet album contient les méga hits « Intergalactic », « Body Movin' » et « Three MC's & One DJ ». Il décroche 2 Grammy Awards.

Le remix de « Body Movin' » par Fat Boy Slim les aide à toucher un public plus large.

Pour résumer leurs 20 ans de carrière, les Beastie Boys décident de sortir une compilation d’anthologie, « The Sounds of Science ». Cette compilation sème le doute sur une possible fin du groupe.

Les attentats des ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie donnent l’occasion aux Beastie Boys d’enterrer leurs idées de gros fêtards et radicalisent leurs prises de positions politiques après leur soutien aux Tibétains. Les Beastie Boys volent au secours des clichés : toutes les personnes de foi musulmane ne sont pas des terroristes !

2001. Les attentats du 11 septembre vont de nouveau les engager politiquement. Ils montent un concert (New Yorkers Against Violence) dont les fonds iront à l’aide aux victimes post 11 septembre.

2004. « To the 5 Boroughs » est commercialisé. Il s'agit d’un manifeste à leur ville, New-York, et à ses habitants. C'est une cinglante critique de la politique de G.W. Bush et comme à leur habitude, c'est BINGO !

La pochette de l’album est signée par l’artiste Matteo Pericoli, dont les œuvres (mélanges entre architecture et dessin) font le tour du monde. Cette pochette fait polémique car les 2 tours du World Trade Center y figurent encore.

Après, de nouveau, une longue tournée internationale, les Beastie Boys enregistrent un second album instrumental « The Mix-up ».

2009. MCA annonce l’arrivée d’un nouvel album : « Hot Sauce Committee ». Il comporte un morceau avec Santigold : « Don’t Play no Game That I Can’t Win ».

Ce même MCA annonce un report puis l’annulation de la tournée suite à des problèmes de santé (tumeur cancéreuse d’un ganglion lymphatique). Le 4 mai 2012, Adam Yauch alias MCA décède à l’âge de 47 ans. Mike D annonce la fin des aventures des Beastie Boys.

Suite à cette disparition, la sphère musicale (Public Enemy, Korn, Coldplay etc.) lui rend hommage. Dernier hommage en date : le clin d’œil de J.J. Adams dans «Star Wars - Le Réveil de la Force ».

Le maire de New-York a inauguré un parc dans Central Park à son nom.

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