Sparks : Collaborations DO work !

// 13/06/2015

Par Maxence de Double Françoise

Il y a quelques jours, j'apprends avec plaisir (et beaucoup de retard) que le groupe Franz Ferdinand a collaboré avec les mythiques Sparks, formant le temps d'un album le super groupe FFS (Franz Ferdinand & Sparks, pourquoi faire compliqué ?). Le résultat ne semble pas décevant, contrairement à ce que tente de nous faire croire leur titre "collaborations don't work". Les Sparks sont pour moi rassurants : ils sont la preuve qu'un groupe pop existant depuis plus de 45 ans peut continuer à sortir des œuvres intéressantes, qu'il peut continuer à nous étonner, et qu'il n'est pas condamné à devenir son propre "tribute band". En plus du nouvel album, je me replonge dans leur répertoire...

Même s'il n'est pas très reconnu, j'ai un faible pour leur premier album, sorti en 71 et produit par Todd Rundgren. L'essence musicale et l'humour des Sparks étaient déjà là. Leur attitude et leurs mélodies d'inspiration classique font se demander, lorsqu'on ne les connaît pas, s'ils sont européens. Les deux frères Mael (Ron & Russell), puisque ce sont eux le cœur du groupe, sont pourtant californiens.


Cela dit, dès le départ ils sont peu compris du public américain, ce qui les décidera en 74 à venir s'installer en Angleterre pour produire leur troisième album Kimono My House. Les anglais apprécient leur côté (très) décalé et le succès est au rendez-vous.


Après leurs trois albums anglais, cette vague de succès retombe, de même pour l'inspiration. Les Sparks retournent en Amérique, se cherchent mais ne trouvent pas vraiment. Et puis c'est l'illumination avec les productions de Giorgio Moroder. Les Sparks collaborent avec le producteur pionnier de l'électro-disco pour ce qui restera l'une de leurs meilleures productions (à tous les trois, même). Il s'agit d'une véritable collaboration, Moroder co-signe même la majorité des titres de l'album Number one in heaven (79). Les Sparks redéfinissent la notion de groupe et initient la longue lignée des duos électro-pop.


Avec l'album suivant, en 80, et toujours avec Giorgio, ils vont vers un son plus commercial. Les Sparks deviennent alors très populaires en France et en Belgique, collaborant même avec les non moins mythiques, atypiques et géniaux Telex.


Les frères Mael travaillent ensuite avec le producteur allemand Mack. On reconnaît le son de batterie typique de ses productions sur l'album « Whomp that sucker".


Au milieu des 80's les Sparks trouvent enfin le succès dans leur pays avec la chanson "Cool places", puis se passent quelques années sans sortie d'album.

Peut-être aidés par la technologie, le duo se fait à nouveau entendre en 94 avec Gratuitous sax and senseless violins. Le nouvel outil qu'est le home studio leur donne une certaine indépendance, et de nouvelles idées. Leur production est alors assez influencée par la dance de l'époque. En 2002 avec Lil' Beethoven, ils changent à nouveau, centrant leur son sur le piano et sur des arrangements inspirés de la musique classique. Leur album suivant Hello young lovers est très bien accueilli du public anglais. Jamais à court d'idées originales, en 2008 ils se produisent à Londres pour une série de 21 concerts consécutifs durant lesquels ils jouent de manière chronologique leurs 21 albums.


L'année suivante la radio nationale suédoise leur commande un opéra-pop à propos du réalisateur Ingmar Bergman. Un show et un album s'en suivent. Pour les 40 ans de Kimono my house, les Sparks jouent l'album au Barbican center de Londres dans une version réarrangée pour orchestre symphonique. En 2015, est annoncée la collaboration avec Franz Ferdinand. Les deux groupes avaient ce projet en tête depuis dix ans, mais n'ont pu le concrétiser que récemment.


Maxence (Double Françoise)
Musicien et manipulateur de sons, il est brun avec une raie sur le côté. Grand amateur de technologies obsolètes (dans le désorde : le super 8, les bandes magnétiques, les ordinateurs 8 bits, l'inspecteur Derrick, les OVNIs, la musique Pop, et probablement pire encore...), Maxence est aussi la moitié du duo Double Françoise.

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