Spécial MODS

// 04/04/2017

Par So Jeff

Le mouvement MOD, c’est quoi?

"Mod", pour "Modernist", est un courant anglais né fin des années 50 dans les banlieues de Londres, en réaction au Rock n Roll US. De nombreux jeunes anglais issus de la classe ouvrière vont se démarquer en s’intéressant à ce qui est chic et rare, comme, au début, les disques de jazz US et la mode française ou italienne (costumes sur mesure, etc.)

Au départ, le mouvement Mod est donc une recherche de « life style » et de « way of life ». Le look des Mods est à l’opposé de la dégaine rock (blouson et bottes de cuir), ce qui fit le bonheur de John Stephen, tailleur en vogue quelque part sur Carnaby Street. Le style était primordial pour tous ces jeunes shooté aux amphétamines, coiffés nouvelle vague, fringués en costume sur mesure sous parka militaire, fonçant à toute à allure en scooter pour aller danser le samedi dans les pubs.

Le mouvement continue à se propager dans les années 60, avec toujours une recherche de « bon goût » musical : jazz, ska, soul...

Le rock n roll, lui, est toujours considéré comme musique obsolète et crade. Les jeunes mods, eux, se penchent sur les productions de Tamla, Motown et Stax. Ils travaillent en semaine et se retrouvent dans les clubs le week-end pour danser sur le R&B US. Le look gardera toujours son importance : chemise Ben Sherman boutonnée jusqu'au cou, desert boots Clarks et jeans Levis 501 pour les plus fortunés. Et toujours le costume à rayures.

A cette période, quelques groupes vont émerger, comme les Small Faces et les Yardbirds.

Ils vont donner naissance au British Beat, mais l’influence va réellement arriver avec les Creations , Action et les Who (et leur classique I can’t explain). The Who vont vite devenir le groupe number one de la mouvance mods.

En 1964, un journaliste du Daily Telegraph écrit : «  Les Who sont un nouveau type de crime antisocial et armé contre la bourgeoisie ». Grosse contradiction entre leur apparence très propre, leurs textes revendicateurs et leur musique. Ils jouaient plus fort que la plupart des autres groupes et cassaient leurs instruments sur scène. Leur (mauvaise) réputation allait grandissant...

Un autre groupe va faire son arrivée dans l’univers mod, « The Beatles ». D’abord avec un style proche du look US puis avec un look plus collégien avec leurs costumes bien taillés ). Ringo, lui, s’est toujours affiché en Mocker (moqueur), mélange de look mod et rock.

Les années 60 voient aussi l’apogée des rivalités entre les mods dandy chic et les rockeurs avec leur attirail en cuir et leurs grosses motos US). Lors de la bataille de Brighton (clash entre les deux courants) les Mods vont cultiver une philosophie de rébellion et vont ouvrir la porte à un vrai courant social. A partir de 65, le courant mod va devenir la norme et c’est en cette même année que Carnaby Street va gagner ses lettres de noblesse comme rue la plus branchée de Londres.

Dans le même temps, les Beatles et les Rolling Stones rêvent déjà de percer au States. Sans oublier l’avènement du Flower Power, qui va effriter le mouvement mods.

Après quelques années, le mouvement va plus se revendiquer dans la musique ska, qui va devenir la référence des nouveaux mods, appelés hard mods.

Après avoir bataillé contre les rockeurs, les mods se sont donc trouvé un nouvel ennemi: les hippies et leur musique « de drogués ». Le mouvement va se radicaliser avec les hard mods, qui vont donner naissance à un autre mouvement: les skinheads.

Pour autant, l’apparition de groupes comme The Kinks, The Pretty Things et Paul Weller, avec The JAM, va donner un coup de fouet à la scène Mod. Weller a d’ailleurs été une figure de proue de la renaissance du mouvement.

Les années 70 seront secouées par un nouveau mouvement qui va déferler sur l’Angleterre: le no future, le PunK. Le revival mod, lui, va de nouveau exploser avec la sortie du film «  Quadrophenia » de Franc Roddam, sorti en 1979. Ce film britannique est inspiré du concept-album des Who. Pete Townshend participera d’ailleurs à l’écriture du scénario. Il conte l’histoire de Jimmy, un mod londonien bouillonnant de colère contre le monde qui l’entoure.

Par ailleurs, The Jam va devenir le porte drapeau des mods 70’s, tout comme The Chords.

Au fil des années, les mods perdent leur côté revendicatif et laissent le mouvement skinhead et punk prendre le dessus, avec The Clash et les Sex Pistols comme étendards.

Quelques groupes et artistes vont cependant toucher au succès malgré la déferlante punk : The Madness, The Specials, XTC et Elvis Costello.

Le mouvement prend fin avec l’apparition de la brit pop des 80’s (avec Pulp, The Verve et le groupe phénomène The Smits), même si le style mods reste très influent chez des groupes comme The Oasis, The Last Shadow Puppets ou encore Artic Monkeys. Mais ça c’est encore une autre histoire.

Mais le mouvement continue pourtant à vivre, en Belgique, en France, en Italie, en Allemagne, en Angleterre. Et tout particulièrement à Liège, au travers des soirées organisées par Fred et Chris. Cet article n’est évidemment pas exhaustif. Il est le regard d’un enfant des 80’s. Et bien que je porte des polos griffés Fred Perry, je ne me revendique pas moi-même comme un mod.
Merci pour vos infos et vos nombreux coups de pouce, ce fut passionnant de vous écouter.


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