Vite, on slow

// 06/02/2017

Par Catherine Colard

Slow down, you move too fast.

Il n’y a pas assez de 24 heures dans une journée. C’est bien simple, à force de courir après le temps, j’ai parfois l’impression de passer à côté des choses essentielles. Vous aussi, vous êtes victimes de ce syndrome horripilant de trop de tout, de trop vite, de trop c’est trop qui frise l’overdose? Et quand y en a plus, eh bien y en a encore. Soucis de riches qui s’achètent le don d’ubiquité au prix d’un tourbillon de burn-outs? Problèmes de pauvres hères de l’ère numérique hyper-connectés et hyper-sollicités? Ou est-ce l’air un peu vicié du temps qui fait que plus on se montre overbooké plus on semble efficace et donc respectable?

Dans le même temps, oh ironie, de nouveaux gourous viennent nous renvoyer à notre triste sort d’éternels fous du volant en délit de fuite devant le temps qui file. Dernier mot d’ordre à la mode : slow attitude! Il faut maintenant se dépêcher de vivre au ralenti, freiner pour mieux explorer, observer, écouter, sentir et aiguiser nos perceptions. C’est très bien vu, me dit-on, et plus photogénique que le stress tout flou flou. Slow food, slow cosmétique, slow sex, slow fashion, slow blogging et même slow thinking... Pourquoi pas, si même Oxmo Puccino fait l’éloge de la « slow life ».

Lentement mais sûrement, je me fais à cette idée de vivre slow dans mon loft meublé de canapés scandinaves sous peaux de mouton et de tables basses vintage où laisser trainer négligemment mes bouquins de Matthieu Ricard, une coupe de champagne détox avec quelques graines de chia. Je dirais même plus : si nos DJ réhabilitaient le slow dans les soirées?

Et pourquoi pas un petit reggae en slow tempo pour se la couler douce en souvenir de Bob Marley, il aurait fêté à la cool ses 72 ans ce lundi? Feelin' groovy.


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