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Rentrée dans le lard

// 09/09/2019
Par Kevin Dochain

Qu'est-ce qu'on se met bon dans les oreilles en cette rentrée 2019 ? Plein, trop, beaucoup trop, à l'heure où pas moins de 40.000 nouvelles chansons sont ajoutées quotidiennement au catalogue de Spotify (bonjour l'intoxication). Alors, plutôt que de pointer des évidences dans une liste interminable, voici plutôt cinq véritables coups de cœur indés sur lesquels on vous conseille très fortement de vous pencher.

Wallis Bird: Woman
Sortie le 27/09. Le 15/10 au Depot (Leuven).

Être fan, c'est comme être amoureux: pour entretenir une relation sur la durée, il faut parfois savoir s'accrocher. De Wallis Bird, on est tombé définitivement baba en 2012 alors qu'elle sortait un troisième album de hard folk dont l'intensité n'avait d'égale que l'intégrité. Bien plus qu'une pâle copie d'Ani DiFranco pour laquelle elle aurait pu passer jusque-là, elle prouvait que c'était elle, "the real deal". Mais depuis, on avait cru l'avoir perdue, celle-ci oubliant de bastonner sa guitare sèche au profit de refrains un peu trop variét' à notre goût. Qu'à cela ne tienne: 7 ans plus tard, elle est de retour avec ce qui semble bien être son nouveau meilleur album, furieusement inspiré par #Metoo, le Brexit, la montée du racisme ou encore la crise écologique. Forcément, ça fait un paquet de choses à dire!

https://www.youtube.com/watch?v=OWXXmWrHfxE

Dario Mars: Flesh
Sortie en octobre. Le 27/11 au Botanique (Bruxelles).

En Belgique francophone, on n'a pas notre pareil pour donner de grands airs à de la pop rock faite de bric et de broc. Mais qu'en est-il du rock'n'roll qui pue, qui suinte et qui dégouline? Il n'est pas en reste, merci pour lui. La preuve avec le nouveau disque de Dario Mars, alias Renaud Mayeur (Hulk, Les Anges), qui s'est débarrassé de ses Guillotines pour l'occasion. À mi-chemin entre son travail pour le cinéma (les BO de Duelles, Doubleplusungood, Eldorado…) et ses obsessions pour les Cramps et les guitares surf, ça donne une poignée de morceaux à contre-courant des tendances, souvent instrumentaux, et toujours très habités. Un vrai plaisir qui n'a aucune raison d'être coupable.

https://www.youtube.com/watch?v=jtml5w6RxGc

Kim Gordon: No Home Record
Sortie le 11/10.

Quiconque a lu son indispensable autobiographie Girl in a Band sait que Kim Gordon était bien plus que la caution féminine de Sonic Youth, alors que c'est pourtant comme ça que les majors ont longtemps voulu nous la vendre. Engagée et passionnée, passionnante et militante: le genre de meuf qui a des ovaires (pour ne pas écrire couilles) comme il en faudrait plus sur le devant de la scène. Depuis sa séparation avec Thurston Moore en 2011, et le split inévitable du plus grand groupe noise de tous les temps, elle s'était faite plus discrète que ses ex-acolytes, montant toutefois une poignée d'expos et deux groupes, Body/Head et Glitterbust. Avec son titre hommage à Chantal Akerman, No Home Record sera son premier album solo et les premiers extraits qu'on a pu entendre laissent présager le meilleur: abrasif et sans concession.

https://www.youtube.com/watch?v=TJl_9a6dp4g

L'Épée: Diabolique
Sortie le 06/09. Le 12/12 au Botanique (Bruxelles).

Emmanuelle Seigner, Anton Newcombe et les Limiñanas. Mis côte à côte comme ça, ce ne sont pas les noms qu'on aurait associés le plus naturellement. Mais ceux qui suivent d'assez près la carrière du duo le plus psyché de l'Hexagone se rappellent que l'actrice avait déjà chanté Shadow People avec eux, tandis que le leader du Brian Jonestown Massacre produisait l'album du même nom. S'unir pour ne former qu'un, c'était la suite logique des choses: le résultat s'appelle L'Épée. Des guitares pleines de fuzz, des titres hypnotiques à souhait et une exploration jouette de la langue française (Bertrand Belin a signé trois textes sur l'album) font de Diabolique l'un des indispensables de cette rentrée.

https://www.youtube.com/watch?v=n7RQEMkpH7w

Nicolas Jules: Les Falaises
Sortie le 07/09. Le 10/10 au Brass (Forest).

"Y'en a qui sont si bas du front que tout leur passe au-dessus", balance Nicolas Jules sur Bas du front. C'est que le Français émigré à Bruxelles est du genre à avoir le verbe salé. Crooner ténébreux qui n'excelle jamais autant que dans la retenue, il pose ses mots tordus sur un blues parfois théâtral, toujours râpeux. "Je trouvais que tu confondais amour et livraison de pizza", badine-t-il plus loin. Les Falaises est aussi loufoque que sa pochette: ça twangue, ça zigzague, ça passe de l'humour à la noirceur en un clin d'œil. Le genre de disque qu'on adore ou qu'on déteste, mais qui ne peut pas laisser indifférent.

Kevin Dochain.

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