N’en pipez mot

// 04/05/2015

Par Catherine Colard

Insouciante, sensuelle, libertine, érotique, coquine, sulfureuse et parfois grivoise, la chanson en français dans le texte n’a pas sa langue en poche. Moi non plus. Mais ça, c’est une autre histoire à ne pas prendre à la lettre. Ou juste à son pied.

Samedi, j’ai pris le mien, caressant de près certaines causes et effets spéciaux de cette langoureuse langue au creux de mon oreille.

Insouciante, sensuelle, libertine, coquine, sulfureuse et parfois grivoise moi-même, comment résister à une invitation au doux nom de « Conférence chantée: paroles d’obsédés textuels »*?

De quoi titiller et émouvoir mon âme guillerette en cette saison qui fait naître les bourgeons et jaillir les tubes de l’été.

J’aime quand la chanson se joue de mots, de sons et de calembours d’amour sans tabous ni pudibonderie. Cet exercice est d’autant plus jouissif pour l’auditeur qu’il est périlleux pour l’auteur. Dessiner des images palpables, mélanger les tours, les détours, faire rosir les joues en quelques rimes est pour moi une vraie apologie de la liberté.

De A (nnegarn pour les préliminaires hollandais maturés) à Z (az, juste pour voir si vous étiez attentifs) en passant par (dans le désordre le plus échevelé) Gainsbourre, Brigitte « femme » Fontaine, Pierre Vassiliu, le « K Du Q » de Nougaro, Claire Diterzi, Jacques Duvall, B.Biolay, Clarika dans les vestiaires et ailleurs, Pierre Perret, Mathieu Boogaerts, David McNeil, Juan « Coeur de Loup » d'Oultremont ou LA Greco via le Vian.

Cet abécédaire non exhaustif et tout intérieur du plaisir en chansons, vous en conviendrez, est tout sauf policé. Sans prosélytisme aucun, lécher en chansons quelques sucettes avec des amis anisés, splitter une banane bruxelloise et monter une petite entreprise qui ne connait pas la crise me met toujours en joie.

Et pourtant.

Rentrée de bonne heure dans mon boudoir solitaire, l’Internet solidaire me propose une petite pipe salutaire. Avec Patrick Sébastien. Du (mauvais) coup, je me sens à l’étroit au fond du fond de cette boîte sans aromates.

Mais qu’est-ce que tu nous chantes avec tes idées pipées?

Es-tu juste vulgaire et/ou calibré pour faire bander le moral des troupes?

Avale ma serviette hygiénique en mousse, tout petit bonhomme.

* Une conférence chantée de, par et avec Guillaume Duthoit

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