Pléonasme toi-même

// 19/02/2017

Par Catherine Colard

Au jour d’aujourd’hui, je l’entends de mes propres oreilles, une nouvelle novlangue plaît aux nazes. Moi, personnellement, je suis intimement persuadée qu’il s’agit là d’une erreur involontaire commise par un grand nombre d’entre nous, et cela dure depuis longtemps. Car, en effet, le pléonasme est au parler oral ce que les frites sont à la moule: inséparables.

Or, le pléonasme n’est pourtant pas l’apanage ni le monopole exclusif des quidams anonymes ni même encore des forums de discussion. Ainsi, par exemple, on le retrouve souvent dans les médias d’information, chez les édiles municipaux, quel que soit leur taux d’alcoolémie, chez les artistes fauchés et, pour la petite anecdote, dans les assemblées ecclésiastiques. Le pléonasme redondant, sans tri sélectif, est partout omniprésent et ceci n’est qu’un bref résumé.

La conjoncture actuelle sans perspectives d'avenir, inquiète et anxiogène, serait-elle propice à cette surabondance de doubles jumeaux absurdes, voire même incongrus, histoire de se mettre la tête à l’envers sens dessus dessous comme dans un Mikado japonais?

Tout d’abord, pour commencer, sachez que je ne suis pas ici pour monter en haut des barricades du bien-parler correct, la oh mais trop bien panacée universelle sans charme. Et encore bien moins pour me nimber d’une auréole de sainte nitouche pas à ma langue. Tant que l’orthographe est correcte, je peux même tourner la mienne 7 fois dans ma bouche et m’évertuer à faire des efforts pour écrire l’éloge de ces couples de mots mal aimés qui ont bien peur toute leur vie d'être incompris. Si les apparences sont quelquefois contre eux, ils ne sont pas ce que l'on croit. J'écoute sporadiquement, de temps en temps et séparément l'un de l'autre, Cloclo et moultes chanteurs de chansons à textes tout comme, dans un désordre bordélique, A-Ha, Bibie, The XX, Duran Duran, Miam Monster Miam, Le Grand Jojo et Sigue Sigue Sputnik. J’applaudis des deux main ces individus qui, sans faux prétextes, ont su prédire d’avance les secousses sismiques avant de tomber bien bas tels des fétus de paille pour se projeter en avant vers un beau futur luxuriant.

Enfin et pour finir avant d’aller faire do do, je garde enfouie dans mon inconscient profond de jeune fillette cette citation de la timide introvertie Françoise Hardy : « L’amour fou est un pléonasme ». Tous sont unanimes. Ou presque.

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